"Avec Namenlosen de la jeune compositrice Julia Blondeau, on appréhende le lieu du concert grâce à la projection spatiale d'une électronique d'une rare finesse, rendue extrêmement fluide par l'utilisation du logiciel Antescofo, et propice à ouvrir un espace mouvant, très confortable pour l'auditeur tant il respire de façon organique. Outre l'orchestration brillante, on ne peut mieux relayée par l'Ensemble Intercontemporain, outre le jeu de cache-cache des quatre solistes (sur scène et hors-scène), on admire la cohérence d'une écriture fondée sur une représentation topologique du matériau." Pierre Rigaudière, Diapason, 12 juin 2017. "Le programme s’ouvre avec Namenlosen de Julia Blondeau, une œuvre écrite pour quatre solistes, ensemble et électronique. Les solistes (flûte, hautbois, trompette et alto), disposés autour du public, encerclent l’auditeur et démarrent par un exorde immersif, se relayant pour dessiner une trajectoire sonore à laquelle vient se suspendre l’ensemble. L’interaction avec l’électronique est subtile et poétique. La compositrice nous raconte des bribes d’histoires anonymes qui laissent deviner çà et là des sons inconnus et parfois quotidiens qui parcourent la salle toute entière, fragments discontinus au sein de blocs formels plus vastes. Les tuilages sont impeccables et Matthias Pintscher sculpte avec clarté la matière expressive. L’ensemble dialogue généreusement avec les solistes et l’œuvre qui se déploie est transcendée par les musiciens." Benoît Sitzia, ResMusica, 14 juin 2017.
"Lors de la présentation du festival ManiFeste 2017 à la presse, Frank Madlener, directeur de l’Ircam, donna la parole à Julia Blondeau: volubile, la jeune (née en 1986) compositrice et musicologue évoquait en des termes parfois pointus mais animés d’une passion communicative son œuvre Namenlosen pour quatre solistes, ensemble et électronique, inspirée des travaux du philosophe et historien d’art Georges Didi-Huberman. Cette « mémoire des sans-noms » qu’il s’agit d’honorer, Julia Blondeau la transpose par le biais de quatre solistes disposés tout autour du public: « ils coexistent avec une partie électronique qui forme avec eux une force diagonale faite tour à tour de signaux, d’appels, de (lignes de) fuites, de poursuites et de soulèvements ». Quand d’autres s’y fourvoient, ou s’attèlent à la besogne pour des résultats parfois décevants, Julia Blondeau, on l’avait compris, parle l’informatique musicale comme une seconde langue. Il est amusant d’observer la manière dont la pièce évolue une fois passées les premières mesures assez démonstratives (une réminiscence de Répons?), où une même note, envoyée par la trompette, circule d’un instrument soliste à l’autre. Julia Blondeau est parvenue à créer un véritable « espace déployé », au sein duquel évolue une écriture polyphonique finement ouvragée qui ménage des plages contemplatives d’une grande beauté. Durant les passages ad libitum, le chef cesse de battre la mesure, se laissant lui-même surprendre par une poétique sonore sensuelle et parfaitement entendue. Est-ce à cause du renvoi à Didi-Huberman qu’il nous a semblé entendre à un moment comme des bruits de pas dans une salle de musée? A l’issue de l’exécution remarquable de l’Ensemble Intercontemporain, ce sont en tout cas des applaudissements nourris et pleinement mérités qui accueillent cette création." Jérémie Bigorie, Concertonet.com.